LE TALK DE BG

Jimmy_Vienot
À la rédaction, on cherchait une initiative originale, rompant avec les traditionnelles interviews d'après-match. Voici le « TALK » de BG. Une nouvelle rubrique exclusive du magazine, qui offre une plongée inédite dans l'univers des athlètes. Une interview intime conduite par Benjamin, un artisan coiffeur et barbier réputé, installé à Mauguio. Pour Trust, il transforme son salon BG Coiffeur en un espace convivial où le sport et le style se rencontrent. Le concept est simple : tandis que les ciseaux de Benjamin dansent autour de leurs têtes, les sportifs se livrent, révélant des facettes inattendues de leur personnalité. Pour inaugurer cette série, qui mieux que Jimmy Vienot, icône de la boxe thaïlandaise aux nombreux titres mondiaux et nationaux ? À l'aube d'un tournant majeur, il s'apprête à quitter les rings de boxe thaï pour embrasser une carrière prometteuse en MMA, tout en explorant le monde de l'acting.

Benjamin : Jimmy, tu es connu sur le ring, mais aujourd’hui, tu te lances dans deux nouveaux défis : le MMA et… l’acting !

Jimmy : L’acting, c’est un rêve que je nourris depuis longtemps. On sait tous qu’une carrière de boxe ne dure pas éternellement. À 40 ans, tu es déjà à la retraite. Je veux continuer à me challenger, à avoir des projets. Et l’acting, c’est un domaine qui m’a toujours attiré. Quand tu boxes, tu es un peu un acteur, tu fais le show, tu joues avec la caméra. Et avec le MMA, c’est encore plus spectaculaire.

Benjamin : Mais était-ce un rêve d’enfant de devenir acteur ?

Jimmy : Non, je voulais être militaire ou boxeur ! Mais il y a un parallèle intéressant entre la comédie et la boxe : dans les deux cas, tu joues. La grande différence, c’est que dans le sport, on t’apprend à ne rien montrer, à garder tes sentiments pour toi. À l’opposé, en acting, tu dois tout exprimer.

Benjamin : Est-ce que tu suis des cours ?

Jimmy : Oui, je me suis inscrit à l’école Le Plateau à Montpellier. Ce que j’aime dans l’idée de devenir acteur, c’est que tu utilises ton vécu pour nourrir ton rôle. Extérioriser, montrer des émotions que tu ne ressentirais pas dans la vraie vie. C’est aussi une forme d’exutoire pour moi.

Benjamin : Y a-t-il des films, qui t’ont marqué, des acteurs ou des réalisateurs qui t’inspirent ?

Jimmy : J’adore les films d’action américains. Jason Statham, Denzel Washington… Dans un autre registre, je suis un grand fan de Pierre Niney, Raphaël Quenard qui vient d’être césarisé pour son rôle dans Chien de la casse. J’essaye d’avoir une culture assez large du cinéma américain et français. Je commence aussi à m’intéresser au théâtre.

Benjamin : Tu pourrais faire des films d’action avec ta carrière de boxeur…

Jimmy : Cela me plairait mais je ne veux pas faire que ça, j’ai envie de tout jouer. De la comédie, du drame, de l’action, je ne veux pas que l’on me catégorise.

Benjamin : Et du coup, au Plateau, est-ce que cela se passe bien ?

Jimmy : Très bien. Je découvre beaucoup de choses. J’ai arrêté l’école très tôt. À 15 ans j’étais déjà dans mes combats. Y retourner à 28 ans c’est drôle !

Benjamin : Mais as-tu déjà tourné ?

Jimmy : J’ai été silhouette dans le film Fragile. J’ai joué dans Demain Nous Appartient un flic prof de sport qui s’appelait Nico. C’était un petit rôle mais qui a tout déclenché. J’ai fait un court-métrage aussi. Le Plateau organise chaque année ce qu’ils appellent la Cérémonie des Renards. Tous les élèves ont le droit de présenter un projet qui ne dure pas plus de 5 minutes, et il y a des récompenses comme aux César attribuées par un jury de professionnels.

Benjamin : Quel était le sujet du tien ?

Jimmy : C’est l’histoire d’un mec dans une situation assez précaire, qui se bat pour gagner sa vie. Mais ses combats sont mal payés, il est dans un engrenage compliqué dont il n’arrive pas à sortir. Il a une femme qui le soutient mais elle ne comprend pas toute cette violence. Elle subit… Un jour, il se retrouve face à un choix. On lui propose un dernier combat. S’il gagne, il empoche une grosse somme d’argent, un contrat… il gagne sa liberté. Mais sa femme n’en peut plus, elle décide de partir… Je ne vais pas tout dévoiler mais le thème c’est la liberté.

Benjamin : Et passes-tu des castings ?

Jimmy : Oui. Je commence à avoir des projets. Je monte sur Paris pour tourner dans une production Netflix !

Benjamin : N’est-ce pas compliqué de te lancer maintenant alors que tu es en pleine reconversion vers le MMA ?

Jimmy : J’ai voulu commencer maintenant parce que pour être bon, il faut du temps. Il faut au moins dix ans. Ma carrière sportive restera ma priorité. Tout le monde le sait. J’étais numéro 1 mondial dans mon sport. J’ai tout gagné. Je veux faire la même chose en MMA.

Benjamin : Tu es déterminé… On a l’impression qu’il n’y a pas d’autre issue possible.


Jimmy : Je n’ai qu’un plan A.


Benjamin : Comment as-tu commencé la boxe ?

Jimmy : Figure-toi que ma mère m’a sorti un petit carnet pour mon anniversaire, où elle écrivait toutes mes premières fois. Ma première bagarre c’était à l’âge de deux ans. Du coup j’ai commencé les sports de combats à quatre ans.

Benjamin : C’est super tôt !

Jimmy : Je pense que mes parents ont compris que j’avais besoin d’être canalisé. J’ai fait du judo jusqu’à treize ans mais j’avais envie de « percussions » c’est pour cela que je suis allé vers la boxe. Dans mon quartier, il y avait un entraîneur « Dédé » qui m’a pris sous son aile. J’ai vite excellé. En un an, j’étais le plus fort de ma salle. Il m’a transféré dans à Palavas où il y avait tous les boxeurs pros. Je m’entraînais avec eux et j’ai fait mon premier fight à seize ans. Je suis parti en Thaïlande direct après, dans un camp. À dix-huit ans j’étais déjà pro, c’est assez rare.

Benjamin : Mais est-ce que ce n’est pas lui ton entraîneur encore aujourd’hui ?

Jimmy : Si. On ne s’est jamais lâchés.

Benjamin : C’est fou parce que tu dois être convoité…

Jimmy : Je suis quelqu’un de fidèle. J’ai un passé avec lui. J’habitais dans un quartier, je n’allais pas à l’école, j’aurais pu prendre un mauvais chemin… Il a toujours veillé sur moi. Il m’a accompagné dans tous les moments de ma vie, perso ou pro d’ailleurs. C’est impossible que je le lâche. Il fait partie de ma famille.

Benjamin : Et lui, est-il prêt ? Va-t-il te suivre vers le MMA ?

Jimmy : Il me suit. D’ailleurs, il n’y connaît rien (Rires). C’est pour ça que j’ai pris une team de MMA à Montpellier mais ce sera toujours lui le manager.

Benjamin : Tu vas faire un dernier combat en boxe thaï ?

Jimmy : Oui en mai à Singapour.

Benjamin : Tu as dû faire le tour du monde !

Jimmy : Oui j’ai pas mal voyagé sauf aux États-Unis. J’espère y aller avec le MMA. Je me donne un an pour faire une dizaine de combats et rentrer à l’UFC.

Benjamin : Comment te prépares-tu ??

Jimmy : Je me suis mis à la lutte depuis trois ans. Et à partir de septembre, je vais enchaîner un gros rythme de combat en France. Plusieurs près de chez nous…Mais je ne peux pas en dire plus !

Benjamin : En tout cas, tu véhicules un super message ! L’importance de suivre sa passion, peu importe où elle mène… Tu nous rappelles qu’avec détermination et authenticité, on peut façonner sa propre voie. Merci !

Jimmy : Merci à toi ! Je suis frais pour mon tournage !

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