LE GARÇON QUI VOULAIT VOLER

À seulement 13 ans, Balthazar Caputo fait déjà partie des meilleurs jeunes riders mondiaux en wingfoil freestyle. Vice-champion du monde U14, il avance pourtant loin des projecteurs, porté par une seule obsession : suivre le vent.
À seulement 13 ans, Balthazar Caputo fait déjà partie des meilleurs jeunes riders mondiaux en wingfoil freestyle. Vice-champion du monde U14, il avance pourtant loin des projecteurs, porté par une seule obsession : suivre le vent.

Texte par Marie Gineste // Photographies par Guilhem Canal // Direction artistique par Aurélia Frantz

“ QUAND JE SUIS SUR L’EAU, JE ME SENS LIBRE ”

Lorsqu’on lui demande pourquoi il aime le wingfoil, Balthazar réfléchit quelques secondes. Puis il répond simplement : « La sensation de voler. » À 13 ans, il rêve de vent, de vagues et d’espace. Vice-champion du monde U14 de wingfoil freestyle après seulement quatre années de pratique, l’adolescent héraultais construit son parcours avec une maturité désarmante. Sans jamais perdre ce qui semble le guider depuis toujours : le plaisir d’être libre. Chez les Caputo, le vent fait partie del’histoire familiale. Son père, ancien champion de kite strapless, lui transmet très tôt le goût de la glisse. Avant même de découvrir le wingfoil, Balthazar s’essaie à la planche à voile, au pumping puis au foil tracté derrière un bateau. La glisse devient rapidement son langage naturel. Il découvre finalement le wingfoil à 9 ans. Une aile dans les mains, une planche sous les pieds, et cette sensation qui ne le quittera plus : voler. « Quand je suis sur l’eau, je me sens libre. » Il a essayé le basket. Il s’y débrouillait bien. Mais il s’y sentait enfermé. Sur l’eau, au contraire, « il y a la mer entière pour faire tout ce que tu veux ». Une phrase d’enfant qui résume déjà toute sa philosophie. Très vite, son talent attire les regards. Il est repéré grâce à une vidéo tournée lors d’un séjour d’entraînement aux Canaries. Elle lui ouvre les portes de l’équipe jeunes de La Grande Motte avant qu’il ne poursuive son évolution au Yacht Club de Mauguio- Carnon, où il continue aujourd’hui sa progression. Le quotidien de Balthazar s’organise désormais autour du vent. Le collège d’abord. Ensuite, tout dépend de la météo. S’il souffle, il navigue. S’il n’y a pas de vent mais des vagues, il surfe. S’il n’y a ni vent ni vagues, il part faire du pumping ou répète ses rotations sur untrampoline. Chaque journée devient une occasion de progresser. « En fait, tous les jours, je vais naviguer », résume-t-il avec une évidence presque déconcertante.Le freestyle est devenu son terrain d’expression. Les figures s’enchaînent, les vidéos circulent sur les réseaux, les jeunes riders du monde entier s’observent, s’inspirent et cherchent sans cesse à repousser leurs limites. Dans cette génération, la compétition ne s’arrête jamais vraiment. Les résultats suivent. Champion d’Occitanie minimes en 2025 puis en 2026, Balthazar s’impose progressivement comme l’un des grands espoirs français de la discipline. Son point d’orgue reste cette médaille de vice-champion du monde U14, remportée face aux meilleurs jeunes riders internationaux.

“ MON OBJECTIF ?
ÊTRE CHAMPION DU MONDE ”

À seulement 13 ans, il a déjà affronté les conditions les plus exigeantes. Aux Canaries, il découvre des vagues de quatre à cinq mètres. De quoi impressionner n’importe quel adulte. Pas lui. Émilie, sa mère , en revanche, s’en souvient encore. « Quand tu filmes ton fils avec des vagues de quatre ou cinq mètres derrière lui, forcément, tu as peur. » Lui garde le souvenir d’une semaine parfaite. Un coaching assuré par deux entraîneurs intervenant auprès de l’équipe de France, des vagues immenses et cette sensation grisante d’apprendre plus vite que jamais. Cette capacité à repousser ses limites ne l’empêche pas de rester étonnamment discret. Lorsqu’on évoque sa médaille mondiale, il hausse presque les épaules. Pas de longues explications. Pas d’autosatisfaction. Simplement l’envie de retourner sur l’eau. Son objectif ? « Être champion du monde. » Pas un rêve inaccessible. Une étape. Les champions qu’il admirait lorsqu’il était enfant sont devenus des visages familiers des compétitions. Les figures les plus techniques deviennent simplement les prochaines à apprendre. Les blessures font partie du jeu aussi. Mais rien qui puisse le ralentir. Derrière cette progression, il y a aussi une famille entièrement mobilisée. Sa mère est devenue à la fois logisticienne, chargée de communication, photographe, gestionnaire des déplacements et chasseuse de partenaires. Dans une discipline encore jeune, les aides restent rares et le coût du matériel est considérable. Une seule voiledépasse les 1 500 euros. Sans compter les planches, les mâts, les déplacements, les hébergements et les voyages à l’étranger. « On fait tout pour lui permettre de vivre son rêve », résume-t-elle. Les partenaires comme Source Boardshop, Duotone, CDvoile 34 ou Winds-Up permettent déjà d’alléger une partie de ces dépenses. Mais chaque saison demeure un véritable défi. À l’école, Balthazar continue d’obtenir de bons résultats. Les compétitions s’enchaînent mais les études gardent toute leur place. Le plus frappant chez lui n’est peut-être pas son palmarès. C’est sa simplicité. Il ne parle ni de carrière, ni d’argent, ni de célébrité. Lorsqu’on lui demande son plus beau souvenir, il ne cite pas immédiatement sa médaille mondiale. Il repense à cette semaine passée aux Canaries avec ses copains, ses coachs et des vagues gigantesques. Comme si le résultat importait finalement moins que le chemin. À 13 ans, Balthazar Caputo poursuit déjà son rêve. Mais au fond, ce qu’il recherche avant tout tient en un mot : la liberté. Et tant qu’il y aura du vent, il continuera à la poursuivre.

Pour suivre l’actualité de Balthazar rendez-vous sur son Instagram

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