Texte Marie Gineste // Photographies Guilhem Canal
Formé à Montpellier, capitaine en Bleu, sponsorisé par Puma, à 15 ans le jeune espoir avance sans trembler, avec le ballon pour boussole.
Laciné Megnan Pavé n’a pas attendu qu’on lui déroule le tapis rouge. À 4 ans, il pleure pour être accepté à Pézenas. « J’étais trop jeune. Ils ne voulaient pas me prendre, mais j’ai insisté. » Il insiste encore. Sur le terrain comme dans la vie. Il grandit avec un ballon entre les pieds et des aînés pour modèle. Il saute une classe, s’entraîne avec les plus grands. « Je regardais les matchs à la télé, je voulais faire pareil. Mais surtout, je m’amusais. » Ce mot revient comme un refrain. L’amusement. Le plaisir, c’est sa boussole. Il intègre Montpellier à 6 ans. Aujourd’hui, cela fait presque dix ans qu’il porte les couleurs pailladines, dont trois au centre de formation. Son style est clair : efficace, instinctif, ludique. « Le foot, ça procure un plaisir spectaculaire. Tu joues avec tes pieds, tu t’exprimes sans parler. Même quand tu n’es pas avec tes amis, tu prends du plaisir avec des inconnus. Tu peux être dans un autre pays, ne rien comprendre à la langue, mais le ballon parle. » C’est poétique et précis. Et ses stats parlent aussi : 25 matchs, 15 buts, 12 passes. « C’était une bonne saison. Après, on peut toujours mieux faire. » Il parle avec calme, lucidité, sans effet de manche. Il sait que le chemin est long, mais la route est tracée. Un modèle ? Neymar. « J’aime son style, j’aime sa manière de jouer surtout. Il fait lever les foules. C’est un joueur qui s’amuse. C’est génial à voir. » Le spectacle, chez Laciné, n’est pas une posture : c’est une nature. Le match qui l’a marqué ? Un tournoi en U9, contre Manchester City. « On a perdu 3–0, mais c’était le plus grand match que j’avais joué. C’est là que je me suis dit que le foot, c’est beau quand même. On avait perdu, mais j’étais content d’avoir joué. Il y avait du plaisir, malgré tout. » Son meilleur moment cette saison ? « Contre Toulouse, le dernier match. J’étais en forme, vraiment déterminé. » Le pire ? « Contre Castelnau. Je n’arrivais pas à jouer. Ma tête n’était pas connectée. J’ai raté les passes, c’était n’importe quoi. » Son quotidien ? Réveil à 7 heures, lycée, entraînement, musculation, retour au centre. Il est en seconde, prépare un bac STMG, et compte poursuivre après. « Je vais rester dans le sport. J’aimerais enseigner, peut-être devenir coach plus tard. » Sa première sélection en équipe de France, il l’apprend par surprise. « On se connaissait tous un peu entre joueurs. J’entendais dire que ceux qui étaient sélectionnés recevaient un mail. Comme je n’avais rien eu, je croyais que c’était trop tard. » Et puis un jour, entre deux cours, le coach U15 le rattrape dans la cour. « Il me donne des papiers. Et là, j’ai compris. J’ai appelé ma mère, mon père. On était tous très contents. » Capitaine ? Pareil, inattendu. « C’était à la causerie d’avant un match. On fait toujours une causerie, et là, sur le diapo, il y avait mon nom avec le brassard. J’ai eu un petit sourire aux lèvres. J’étais heureux. » Mais il prend cela avec humilité. « Le brassard, ça ne change rien. L’équipe, c’est tout le monde. Ce n’est pas à moi seul de gérer, on avance ensemble. » À sa cinquième convocation, il joue le tournoi Vlatko Markovic en Croatie : Roumanie (3–2), Croatie (0–2), Suisse (3–1), Angleterre en petite finale. Troisième place. « C’était beau. Du monde, de l’ambiance. Moi, j’adore ça. » Sa famille ? Présente, discrète, essentielle. « Ils me soutiennent, ils viennent me voir, ils me poussent vers le haut. » Et surtout, son petit frère, 10 ans, lui aussi à Montpellier. Il est viscéralement attaché à Montpellier. Le club de son cœur. Mais il suit aussi le Barça et Arsenal. Des clubs où l’on joue vraiment.
Laciné Megnan Pavé : Un avenir prometteur au Montpellier HSC
Et quand on lui demande où il se voit dans plusieurs années, la réponse ne se fait pas attendre. « À Montpellier, en Ligue des Champions. » Il sourit à peine. Ce n’est pas une blague, c’est un objectif. Ligue des Champions, Euro, Coupe du Monde. Et pourquoi pas un Ballon d’Or ? Il les veut tous. Mi-juillet, retour à l’entraînement. Il vise haut, regarde droit. La saison prochaine ? « Je me concentre sur mes performances, je ne regarde pas ce qu’il y a autour. » Tout est dit.
On ne sait pas encore jusqu’où il ira. Mais lui, il y va. Avec le sourire, la tête froide et les rêves pleins les crampons.
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