De sa passion d’enfance pour le sport à son engagement fort dans le naming du FDI Stadium, Mathieu Massot raconte un parcours où le territoire reste toujours au centre.
Il parle du sport comme d’une langue qu’il aurait apprise il y a longtemps, une grammaire intime qui structure encore sa manière d’être au monde. Pour lui, le sport n’est ni un décor ni un supplément d’âme. Il est une ligne de fond, une culture acquise très tôt, qui irrigue encore sa manière d’agir et de décider. Mathieu Massot, directeur général du groupe FDI, sourit quand on lui rappelle qu’un maillot porté par Laurent Blanc lors du match d’ouverture du Mondial 98 trône dans son bureau. « Ce maillot, c’est un trait d’union entre mon histoire et le sport que j’aime. C’est un symbole fort pour ma génération, » dit-il simplement. Le sport, pour lui, commence très tôt. « Je rêvais d’être tennisman professionnel. Je me voyais champion. Puis, assez vite, je me suis rendu compte que je n’avais sans doute pas les qualités pour devenir un athlète de haut niveau. » Une autre voie s’impose alors. « Je me voyais bien devenir journaliste sportif, pouvoir raconter le sport, le commenter. » Là encore, la lucidité l’emporte. Il bifurque vers une école de commerce, sans rompre totalement le fil. « Même là, je me demandais : et si je faisais du marketing du sport ? Cette idée ne m’a jamais quitté. » Longtemps spectateur passionné, il égrène ses souvenirs avec précision. « Roland-Garros, les combats entre McEnroe, Connors, Chang… J’y suis allé à la fin des années 1980, ça m’a profondément marqué. » La Formule 1 aussi. « Je me souviens exactement où j’étais au moment de l’accident d’Ayrton Senna. » Et bien sûr, 1998. « Le football, cette année-là, c’était une histoire collective incroyable. » Le handball arrive plus tard. « À Alès, on n’en parlait pas. Je le découvre vraiment en arrivant à Montpellier en 1995. » Son entrée dans le sport de haut niveau se fait au moment où le Montpellier Handball traverse l’une des plus importantes crises de son histoire. « Lors de l’affaire des paris truqués, un pool de dix- sept entrepreneurs du territoire se mobilise afin de contribuer à l’élaboration d’un nouveau modèle de gouvernance. Le Groupe FDI en faisait partie. » Une façon de s’engager, déjà, pour le territoire.
“ LE ONE-SHOT NE M’INTÉRESSE PAS. JE CROIS À LA DURÉE. ”
Aujourd’hui à la tête du groupe FDI, il assume pleinement ce lien. « Une entreprise comme le Groupe FDI doit tout à son territoire. Parce qu’elle ne travaille que sur lui et grâce à lui. » Le modèle coopératif du groupe renforce cette conviction. « Nous devons dégager de la rentabilité sur nos métiers, mais aussi la réinvestir. C’est une responsabilité morale. Sans territoire, il n’y a pas d’activité. » Dans un contexte où les collectivités disposent de moins en moins de moyens, le modèle public-privé s’impose selon lui comme une évidence. « Une collectivité ne peut plus soutenir seule le sport de haut niveau, et une entreprise ne peut pas non plus tout porter. » C’est dans cet équilibre que s’inscrit le naming du FDI Stadium, souvent perçu de l’extérieur comme un simple outil marketing. « Bien sûr qu’il y a une dimension de visibilité. Mais le fond du sujet, c’est surtout l’avenir du club et, plus largement, celui du sport sur le territoire. » L’investissement est conséquent, « ce n’est pas un choix anodin pour un groupe de 250 salariés comme le notre. » Mais le naming, insiste-t-il, « vient avant tout compenser le retrait progressif de l’accompagnement public, sans enrichir le club, simplement pour préserver son équilibre et éviter un cercle vicieux. Ce n’est pas vraiment quantifiable, mais c’est structurant. » Ce qui le convainc surtout, c’est la nature du lieu. « Un stade, c’est un objet vivant. Il n’y a pas que le match : il y a l’avant, l’après, les rencontres, la création de lien et cette émotion en commun qui nous rassemble. Mettre son nom là-dessus, ce n’est pas une simple campagne d’affichage. » Pourquoi le handball plutôt qu’un autre sport ? « Parce qu’il coche toutes les cases. C’est un sport de proximité, d’humanité, de respect. Il y a la performance, mais aussi une vraie relation entre les joueurs, les partenaires et les supporters. » Il sourit. « Et puis c’est vivant. » Cet attachement se nourrit aussi de relations personnelles avec les joueurs, comme Valentin Porte, Diego Simonet ou Rémi Desbonnet. « J’ai d’abord été fan avant de devenir ami. » Il parle d’eux avec une admiration intacte. « Ce sont des personnalités d’une rigueur incroyable. Leur capacité à remettre les compteurs à zéro, à repartir à chaque saison, m’inspire énormément. Je les regarde encore avec des yeux de gamin, même à 48 ans », glisse- t-il. Il se souvient d’un moment en particulier. « Quand Laurent Blanc est venu me voir, dans ma tête, ça restait “Lolo de Rousson”. Moi, le gamin des Cévennes, je me retrouvais là à parler avec lui. » Cette distance jamais totalement comblée nourrit son admiration. « Je ne me glorifie pas. Je suis juste profondément admiratif de leur parcours, de leur discipline, de tous les sacrifices que demande le sport de haut niveau. » Le sport a profondément façonné sa manière de diriger. « Le combat au sens noble, l’abnégation, la recherche permanente de performance. » Il cite Rafael Nadal. « Point après point. Gagné ou perdu, on passe au suivant. J’essaie de transmettre cela : sortir de sa zone de confort, se remettre en question, viser plus haut. » Dans cet engagement, il revendique la fidélité plutôt que l’effet d’annonce. « Le one- shot ne m’intéresse pas. Je crois à la durée. » FDI soutient le MHB professionnel, son association, ses centaines de licenciés, mais aussi plus de 50 autres projets culturels ou solidaires. « Il faut être cohérent, aligné, et rester dans le temps. » À l’horizon des cinq prochaines années, Mathieu Massot n’attend pas que l’on juge FDI à ses seuls résultats chiffrés. Il espère surtout que l’on reconnaisse une chose : que le Groupe FDI a su accompagner son territoire avec constance, en demeurant fidèle à ses valeurs.
Texte par Marie Gineste & Photographies par Guilhem Canal
Derrière les valeurs portées par le Montpellier Handball, il y a aussi des visages. Nous avons récemment dressé le portrait de Diego Simonet, l’un des joueurs emblématiques du Montpellier Handball, entre exigence, fidélité et passion.