Le contrôle antidopage appliqué aux médias sportifs
Comme vous avez dû le constater, la saison sportive 2025-2026 a vu naître ça et là de nouvelles règles. La Ligue 1 a par exemple annoncé que les arbitres pourront aller eux-mêmes vérifier une action litigieuse à la VAR, sans avoir besoin que leurs collègues installés dans le camion ne les y invitent. En rugby, un changement encore plus innovant, avec l’arrivée du carton orange qui se situera, comme sa couleur l’indique, entre le carton rouge et le carton jaune. Attendez-vous d’ailleurs à entendre les commentateurs de Top 14 s’exclamer avec fierté « Il est passé à l’orange bien mûr, celui-là » à chaque plaquage un peu haut. En MMA par contre, pas de nouvelle règle, on pourra toujours se mettre sur la gueule. Et en lancer du marteau, les athlètes continueront à projeter un boulet en acier attaché à une corde, ce qui ressemble à tout sauf à un marteau, et pourtant, cette saison encore on continuera à appeler ça le lancer du marteau. Mais la grande nouveauté de la saison sportive 2025-2026 ne concerne pas les athlètes. Elle concerne les médias sportifs. À notre plus grande surprise, nous avons ainsi appris que cette nouvelle règle, c’est LE CONTRÔLE ANTI-DOPAGE POUR TOUS LES MÉDIAS SPORTIFS. La remise de chaque article, de chaque interview, de chaque photo devra désormais s’accompagner de la remise d’un échantillon d’urine prélevé par un personnel de contrôle du dopage formé et accrédité, afin de détecter la présence de substances illicites. Une liste de produits qui comporte entre autres le cannabis, la cocaïne, les ecstasys, les amphétamines, l’héroïne, le crack, la pâte à tartiner algérienne et la glace Ben & Jerry’s Cookie Dough. Ce qui est totalement scandaleux. Car soyons clair, si nous, les médias sportifs, nous avons fait le choix de renoncer au salaire mensuel à six ou sept chiffres des grands footballeurs, aux voitures de sport, aux millions de followers sur Insta et au total look Balenciaga, c’est pour pouvoir se la coller en toute impunité. Et c’est une très mauvaise annonce pour vous aussi, lectrices et lecteurs. Car cette nouvelle règle va évidemment irrémédiablement porter atteinte à la créativité de toutes nos consoeurs et confrères, et faire chuter de façon abyssale la qualité des journaux, magazines et émissions sportives dans les mois à venir. Par chance, cette édition de TRUST a été imprimée juste avant l’application de cette règle anti-dopage, donc régalez-vous, le prochain numéro sera sûrement beaucoup moins bien.
Par Céline & Clément Mornet-Landa
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