Texte Marie Gineste//Photographie Guilhem Canal
Née à Albi, la ville du célèbre peintre Toulouse-Lautrec, Audrey Bassé commence la danse à l’âge de 7 ans. Élevée par son père, un sportif amateur passionné de triathlon et de marathon, elle choisit la danse un peu par hasard, influencée par ses camarades d’école. Inscrite à l’École Nationale de Musique et de Danse du Tarn, elle suit des cours de danse classique et contemporaine, sans vocation particulière au départ.
À l’adolescence, sa vie prend un tournant décisif. Alors qu’elle a 12 ans, sa professeure lui demande si elle souhaite s’engager dans une voie professionnelle. En proie à des difficultés personnelles et à une colère intérieure, Audrey décide de se consacrer corps et âme à la danse.
Des débuts timides à Albi jusqu’aux lumières du Moulin Rouge
« C’était un moyen pour moi d’exprimer ma détermination, de canaliser mes émotions », confie-t-elle. Elle multiplie les heures de cours, allant jusqu’à dix-huit heures par semaine, reprenant même les bases avec les plus jeunes pour perfectionner sa technique. Parallèlement, l’école ne la passionne pas. Elle se sent différente, peu comprise par ses enseignants. Malgré tout, elle obtient son baccalauréat à 19 ans, condition posée par son père pour qu’elle puisse voler de ses propres ailes.
Elle monte alors à Paris, seule, pour poursuivre son rêve. Les débuts sont difficiles ; la capitale l’intimide et l’éloignement familial lui pèse. Mais sa passion est plus forte. Elle intègre des studios de danse renommés comme le Centre Rick Odums et le Studio Harmonic. Le destin frappe lorsqu’elle se présente à une audition qui, bien qu’étant destinée aux danseurs masculins, lui ouvre des portes inattendues.
Elle est recommandée pour une tournée en Allemagne où elle découvre le cabaret musical et fait ses premiers pas sur scène en tant que danseuse topless. Cette expérience la propulse vers le mythique Moulin Rouge, où elle est engagée à l’âge de 20 ans. « C’était extraordinaire. J’ai découvert un univers fascinant », se souvient-elle.
Une carrière internationale marquée par la résilience
Pendant plus de 20 ans, Audrey parcourt le monde. Elle se produit en Corée, travaille sur des bateaux de croisière pendant près de cinq ans, et participe à des tournées internationales avec le Moulin Rouge, se produisant lors d’événements prestigieux comme le carnaval de Rio ou des spectacles au Japon, en Chine, au Canada et en Europe. Chaque expérience enrichit sa palette artistique et humaine.
En 2007, sa vie est bouleversée par la maladie de sa mère, atteinte d’un cancer du sein. Elle met temporairement sa carrière entre parenthèses pour être à ses côtés, travaillant même dans une boulangerie à La Grande Motte pour subvenir à ses besoins tout en restant proche d’elle. Malgré les épreuves, elle continue de danser, trouvant dans cet art une force pour surmonter les difficultés. En 2011, Audrey rejoint le Lido, où elle travaille jusqu’en 2015.
« Le Lido a été une aventure humaine incroyable. J’y ai trouvé une ambiance chaleureuse et bienveillante », raconte-t-elle. Durant cette période, elle bénéficie du soutien de ses collègues lors du décès de sa mère en 2013, une épreuve qu’elle surmonte grâce à la danse et à l’entraide de son entourage professionnel. Après la fin de la revue « Bonheur » au Lido en 2015, Audrey ressent le besoin de changer de cap.
À 35 ans, elle décide de revenir dans le sud de la France. Elle s’interroge sur la suite à donner à sa carrière, consciente que le moment est venu de préparer sa reconversion. Elle part alors à Bordeaux pour un contrat au cabaret L’Ange Bleu, tout en commençant à donner des cours de danse cabaret pour tester sa fibre pédagogique.
Une opportunité se présente lorsqu’elle est sollicitée comme chorégraphe à Dubaï pour des parcs d’attractions. Elle y part pendant six mois en 2015, une expérience qui élargit encore ses compétences et son horizon professionnel. À son retour, elle s’installe définitivement à La Grande Motte en 2016 et décide de se consacrer pleinement à l’enseignement.
C’est en 2020, juste avant la pandémie, qu’Audrey lance officiellement « Elle est danse ». « Je voulais créer une école nomade pour des femmes adultes, sans engagement, où chacune est libre de venir quand elle le souhaite », explique-t-elle. Les stages qu’elle propose sont variés et s’adressent à tous les niveaux, mettant l’accent sur le plaisir de danser et le partage plutôt que sur la performance. « Elle est danse » propose des stages thématiques mensuels dans différentes villes, notamment Montpellier, Nîmes et près de Toulouse. Les participantes peuvent ainsi explorer différents styles : French cancan, showgirl avec plumes, jazz Broadway, danse avec chaises…
Certains projets s’étendent sur plusieurs mois et aboutissent à la réalisation de clips vidéo en costumes, offrant aux femmes une expérience complète, de l’apprentissage à la mise en scène. En 2023, Audrey et ses élèves participent au « Grand concours des régions : Quelle sera la meilleure danse folklorique ? » sur France 3, représentant l’Île-de-France avec une chorégraphie de French cancan. « C’était une aventure extraordinaire. Voir mes élèves, des femmes de tous âges et de tous horizons, se dépasser et briller sur scène, c’est ma plus grande fierté », affirme-t-elle.
Pour l’occasion, elle a conçu elle-même les costumes, mettant à profit ses multiples talents. Aujourd’hui, Audrey continue de développer « Elle est danse », envisageant de nouvelles expériences, comme des séjours alliant tourisme et danse à l’étranger. Elle travaille également en tant que directrice de casting pour une entreprise sud-africaine, recrutant des artistes pour des spectacles internationaux. Cette activité lui permet de rester connectée au milieu professionnel tout en se consacrant à sa passion pour l’enseignement.
Malgré les blessures physiques accumulées au cours de sa carrière, Audrey ne regrette rien. « Je referais tout sans hésiter. La danse m’a tout apporté », dit-elle avec un sourire. Son énergie et sa passion sont intactes, et elle continue de transmettre cette flamme à toutes celles qui croisent son chemin.
« Je referais tout sans hésiter. La danse m’a tout apporté »
Envie de vous lancer dans l’aventure et de révéler votre potentiel à travers la danse ? Rejoignez les stages d’Audrey avec Elle est danse !